à monseigneur, fils unique de Louis XIV

Noble sang du plus grand des rois,
son amour et notre espérance,
vous qui, sans régner sur la France,
régnez sur le coeur des françois,
pourrez-vous souffrir que ma veine,
par un effort ambitieux,
ose vous donner une étrenne,
vous qui n' en recevez que de la main des dieux ?
La nature en vous faisant naître
vous étrenna de ses plus doux attraits,
et fit voir dans vos premiers traits
que le fils de Louis était digne de l' être.
Tous les dieux à l' envi vous firent leurs présents :
Mars vous donna la force et le courage ;
Minerve, dès vos jeunes ans,
ajouta la sagesse au feu bouillant de l' âge ;
l' immortel Apollon vous donna la beauté :
mais un dieu plus puissant, que j' implore
en mes peines,
voulut aussi me donner mes étrennes,
en vous donnant la libéralité.



1706
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