à Monsieur De Cideville.

Ceci te doit être remis
par un abbé de mes amis,
homme de bien, quoique d' église.
Plein d' honneur, de foi, de franchise,
en lui les dieux n' ont rien omis
pour en faire un abbé de mise :
même Phébus le favorise.
Mais dans son coeur Vénus a mis
un petit grain de gaillardise.
Or c' est un point qui scandalise
son curé, plus gaillard que lui,
qui dès longtemps le tyrannise,
et nouvellement aujourd' hui
dans un placard le tympanise.
Sur cela mon abbé prend feu,
lui fait un bon procès de Dieu,
le gagne : appel ; or c' est dans peu
qu' on doit chez vous juger l' affaire.
Or, puissant est notre adversaire :
le terrasser n' est pas un jeu.
Tu dois m' entendre, et moi me taire ;
car c' est trop longtemps tutoyer
du parlement un conseiller :
ma muse un peu trop familière
pourrait à la fin l' ennuyer,
peut-être même lui déplaire.
Qu' il sache pourtant qu' à Cythère
l' amitié, l' amour, et leur mère,
parlent toujours sans compliment ;
qu' avec Hortense ma tendresse
n' en use jamais autrement,
et j' estime autant ma maîtresse
qu' un conseiller au parlement.



1731
Forum de la poésie française

Accès au forum

Liens - Les annuaires partenaires - Rencontres - Annuaire poésie
à Monsieur De Cideville. poésie de François Marie Arouet, dit Voltaire, optimisé pour ie5.0 en résolution 1024 * 768 - (c) 2004-2008
Hit-Parade des sites francophones    Classement de sites - Inscrivez le vôtre!