à monsieur le comte de Tressan.
Hélas ! Que je me sens confondre
par tes vers et par tes talents !
Pourrais-je encore à quarante ans
les mériter, et leur répondre ?
Le temps, la triste adversité
détend les cordes de ma lyre.
Les jeux, les amours, m' ont quitté ;
c' est à toi qu' ils viennent sourire,
c' est toi qu' ils veulent inspirer,
toi qui sais, dans ta double ivresse,
chanter, adorer ta maîtresse,
en jouir, et la célébrer.
Adieu ; quand mon bonheur s' envole,
quand je n' ai plus que des désirs,
ta félicité me console
de la perte de mes plaisirs.
1734