Au cardinal Dubois.

Quand du sommet des Pyrénées,
s' élançant au milieu des airs,
la renommée à l' univers
annonça ces deux hyménées
par qui la discorde est aux fers,
et qui changent les destinées,
l' âme de Richelieu descendit à sa voix
du haut de l' empyrée au sein de sa patrie.
Ce redoutable génie
qui faisait trembler les rois,
celui qui donnait des lois
à l' Europe assujettie,
a vu le sage Dubois,
et pour la première fois
a connu la jalousie.
Poursuis : De Richelieu mérite encor l' envie.
Par des chemins écartés,
ta sublime intelligence,
a pas toujours concertés,
conduit le sort de la France ;
la fortune et la prudence
sont sans cesse à tes côtés.
Alberon pour un temps nous éblouit la vue ;
de ses vastes projets l' orgueilleuse étendue
occupait l' univers saisi d' étonnement :
ton génie et le sien disputaient la victoire.
Mais tu parus, et sa gloire
s' éclipsa dans un moment.
Telle, aux bords du firmament,
dans sa course irrégulière,
une comète affreuse éclate de lumière ;
ses feux portent la crainte au terrestre séjour :
dans la nuit ils éblouissent,
et soudain s' évanouissent
aux premiers rayons du jour.



1721
Forum de la poésie française

Accès au forum

Liens - Les annuaires partenaires - Rencontres - Annuaire poésie
Au cardinal Dubois. poésie de François Marie Arouet, dit Voltaire, optimisé pour ie5.0 en résolution 1024 * 768 - (c) 2004-2008
Hit-Parade des sites francophones    Classement de sites - Inscrivez le vôtre!