La pucelle d'Orléans - LIVRE 6

avanture d' Agnès et de Monrose, temple
de la renommée. Avanture de Dorothée.
quittons l' enfer, quittons ce gouffre immonde.
Où Grisbourdon brule avec Lucifer :
dressons mon vol aux campagnes de l' air ;
et revoyons ce qui se passe au monde.
Ce monde hélas est bien un autre enfer.
Je vois partout l' innocence proscrite,
l' homme de bien flétri par l' hypocrite,
l' esprit, le gout, les beaux arts éperdus,
sont envolés ainsi que les vertus.
Une rempante et lache politique
tient lieu de tout, est le mérite unique
le zèle affreux des dangereux dévots
contre le sage arme la main des sots.
Et l' intérêt ce vil roi de la terre,
pour qui l' on fait et la paix et la guerre
triste et pensif auprès d' un coffre fort,
vend le plus faible aux crimes du plus fort
chetifs mortels insensez et coupables,
de tant d' horreurs à quoi bon vous noircir !
Ah malheureux qui péchés sans plaisir,
dans vos erreurs soyez plus raisonnables ;
soyez au moins des pécheurs fortunez ;
et puisqu' il faut que vous soyez damnez ;
damnez vous donc pour des fautes aimables.
Agnès Sorel sut en user ainsi.
On ne lui peut reprocher dans sa vie
que les douceurs d' une tendre folie.
Je lui pardonne et je pense qu' aussi
Dieu tout clément aura pris pitié d' elle :
en paradis tout saint n' est pas pucelle.
Quand Jeanne D' Arc deffendait son honneur
et que du fil de sa céleste épée
de Grisbourdon la tête fut coupée ;
nôtre âne ailé qui dessus son harnois
portait en l' air le chevalier Dunois,
conçut alors le caprice profane
de l' éloigner et de l' oter à Jeanne.
Quelle raison en avait-il ? L' amour ;
le tendre amour et la naissante envie
dont en secret son ame était saisie.
L' ami lecteur aprendra quelque jour
quel trait de flamme et quelle idée hardie
pressait déja ce héros d' Arcadie.
Il prend son vol et Dunois stupéfait
à tire d' aile est parti comme un traît.
Il regardait de loin son héroïne
qui toute nuë et le fer à la main,
le coeur ému d' une fureur divine
rouge de sang se frayait un chemin.
Le Conculix veut l' arrêter en vain ;
ses farfadets, son peuple aërien,
en cent façons volent sur son passage.
Jeanne s' en mocque et passe avec courage.
Lors qu' en un bois quelque jeune imprudent
voit une ruche ; et s' aprochant admire
l' art étonnant de ce palais de cire ;
de toutes parts un essain bourdonnant
sur mon badaut s' en vient fondre avec rage ;
un peuple ailé lui couvre le visage :
l' homme piqué court à tort à travers,
de ses deux mains il frape, il se démêne
dissipe, tuë, écrase par centaine
cette canaille habitante des airs.
C' était ainsi que la pucelle fiére
chassait au loin cette foule legére.
à ses genoux le chetif muletier
craignant pour soi le sort du cordelier,
tremble et s' écrie, ô pucelle, ô ma mie
dans l' écurie autrefois tant servie.
quelle furie ! épargne au moins ma vie
que les honneurs ne changent point tes moeurs.
tu vois mes pleurs, ah Jeanne je me meurs .
Jeanne répond, faquin je te fais grace,
dans ton vil sang de fange tout chargé
ce fer divin ne sera point plongé.
Vegête encor, et que ta lourde masse
ait à l' instant l' honneur de me porter :
je ne te puis en mulet translater ;
mais ne m' inporte ici de ta figure,
homme ou mulet tu seras ma monture.
Dunois m' a prit l' âne qui fut pour moi,
et je prétends le retrouver en toi ;
ça qu' on se courbe, elle dit, et la bête
baisse à l' instant sa chauve et lourde tête,
marche des mains, et Jeanne sur son dos
va dans les champs affronter les héros.
Pour Conculix honteux plein de colère,
il s' en alla murmurer chez son pére.
Mais que devint la belle Agnès Sorel ?
Vous souvient-il de son trouble cruel,
comme elle fut interdite, éperduë,
quand Jean Chandos l' embrassait toute nuë.
Ce Jean Chandos s' élança de ses bras,
très brusquement et courut aux combats.
La belle Agnès crut sortir d' embarras,
de son danger encor toute surprise
elle jurait de n' être jamais prise
à l' avenir en un semblable cas.
Au bon roi Charle elle jurait tout bas
d' aimer toujours ce roi qui n' aime qu' elle ;
de respecter ce tendre et doux lien,
et de mourir plutôt qu' être infidèle.
Mais il ne faut jamais jurer de rien.
Dans ce fracas, dans ce trouble effroiable
d' un camp surpris tumulte inséparable.
Quand chacun court, officier et soldat,
que l' un s' enfuit, et que l' autre combat,
que les valets, fripons suivant l' armée,
pillent le camp de peur des ennemis :
parmi les cris la poudre et la fumée,
la belle Agnès se voyant sans habits
du grand Chandos entre en la garderobe ;
puis avisant chemise, mule, robe,
saisit le tout en tremblant et sans bruit,
même elle prend jusqu' au bonnet de nuit.
Tout vint à point ; car de bonne fortune
elle aperçut une jument bai brune
bride à la bouche et selle sur le dos,
que l' on devait amener à Chandos.
Un écuyer, vieil ivrogne intrépide
tout en dormant la tenait par la bride.
L' adroite Agnès s' en va subtilement
ôter la bride à l' écuyer dormant ;
puis se servant de certaine escabelle,
y pose un pied, monte, se met en selle,
pique, et s' en va, croyant gagner les bois,
pleine de crainte et de joye à la fois.
L' ami Bonneau court à pied dans la plaine
en maudissant sa pesante bedaine,
ce beau voyage et la guerre et la cour
et les anglais et Sorel et l' amour.
Or, de Chandos le très-fidèle page
(Monrose était le nom du personnage,)
qui revenait ce matin d' un message,
voyant de loin tout ce qui se passait,
cette jument qui vers les bois courait,
et de Chandos la robe et le bonnet ;
dévinant mal ce que ce pouvait être,
crut fermement que c' était son cher maître,
qui loin du camp demi nû s' enfuiait.
épouvanté de l' étrange avanture
d' un coup de fouët il hâte sa monture,
galoppe et crie, ah mon maître, ah seigneur
vous poursuit-on ; Charlot est-il vainqueur ?
Où courez vous ? Je vais par tout vous suivre :
si vous mourez je cesserai de vivre ;
il dit et vole et le vent emportait
lui, son cheval et tout ce qu' il disait.
La belle Agnès qui se croit poursuivie
court dans le bois au péril de sa vie ;
le page y vole, et plus elle s' enfuit,
plus nôtre anglais avec ardeur la suit.
La jument bronche et la belle éperdue
jettant un cri dont retentit la nue
tombe à coté, sur la terre étendue.
Le page arrive aussi promt que les vents,
mais il perdit l' usage de ses sens,
quand cette robe ouverte et voltigeante
lui découvrit une beauté touchante,
un sein d' albâtre et les charmans trésors
dont la nature enrichissait son corps.
Bel Adonis, telle fut ta surprise,
quand la maîtresse et de Mars et d' Anchise
du haut des cieux, le soir au coin d' un bois,
s' offrit à toi pour la premiére fois.
Vénus sans doute avait plus de parure ;
une jument n' avait point renversé
son corps divin de fatigue harassé
bonnet de nuit n' était point sa coëffure.
Son cu d' ivoire était sans meurtrissure.
Mais Adonis à ces attraits tout nus.
Balancerait entre Agnès et Vénus.
Le jeune anglais se sentit l' ame atteinte
d' un feu mêlé de respect et de crainte ;
il prend Agnès et l' embrasse en tremblant,
héla dit-il seriez vous point blessée !
Agnès sur lui tourne un oeuil languissant,
et d' une voix timide, embarrassée
en soupirant elle lui parle ainsi ;
qui que tu sois qui me poursuis ici,
si tu n' as point un coeur né pour le crime,
n' abuse point du malheur qui m' oprime,
jeune étranger conserve mon honneur,
sois mon apui, sois mon libérateur.
Elle ne put en dire davantage :
elle pleura, détourna son visage,
triste confuse, et tout bas promettant
d' être fidèle au bon roi son amant.
Monrose ému, fut un tems en silence ;
puis il lui dit d' un ton tendre et couchant,
ô de ce monde adorable ornement
que sur les coeurs vous avez de puissance !
Je suis à vous : comptez sur mon secours
vous disposez de mon coeur, de mes jours.
De tout mon sang ; ayez tant d' indulgence
que d' accepter que j' ose vous servir :
je n' en veux point une autre recompense :
c' est être heureux que de vous sécourir.
Il tire alors un flacon d' eau des Carmes ;
sa main timide en arrose ses charmes,
et les endroits de roses et de lys,
qu' avaient la selle et la chûte meurtris.
La belle Agnès rougissait sans colère,
ne trouvait point sa main trop téméraire,
et le lorgnait sans bien savoir pourquoi ;
jurant toujours d' être fidèle au roi.
Le page ayant employé sa bouteille ;
rare beauté dit-il je vous conseille,
de cheminer jusqu' en un bourg voisin :
nous marcherons par ce petit chemin.
Dedans ce bourg nul soldat ne demeure.
Nous y serons avant qu' il soit une heure.
J' ai de l' argent, et l' on vous trouvera
et coëffe et jupe et tout ce qu' il faudra
pour habiller avec plus de décence
une beauté digne d' un roi de France.
La dame errante aprouva son avis ;
Monrose était si tendre et si soumis ;
était si beau, savoit à tel point vivre,
qu' on ne pouvait s' empêcher de le suivre.
Quelque censeur, interrompant le fil
de mon discours, dira, mais se peut il
qu' un étourdi, qu' un jeune anglais, qu' un page
fut près d' Agnès respectueux et sage ;
qu' il ne prit point la moindre liberté ?
Ah laissez là vos censures rigides ;
ce page aimait, et si la volupté
nous rend hardis, l' amour nous rend timides
Agnès et lui marchaient donc vers ce bourg ;
s' entretenant de beaux propos d' amour,
d' exploits de guerre et de chevalerie,
de contes vieux et de galanterie.
Nôtre écuyer de cent pas en cent pas
s' aprochait d' elle et baisait ses beaux bras ;
le tout d' un air respectueux et tendre ;
la belle Agnès ne savait s' en défendre.
Mais rien de plus ; ce jeune homme de bien
voulait beaucoup et ne demandait rien.
Dedans le bourg ils sont entrés à peine ;
dans un logis son écuyer la méne
bien fatiguée ; Agnès entre deux draps
modestement repose ses apas ;
Monrose court ; et va tout hors d' haleine
chercher partout pour dignement servir
alimenter, chauffer, coëffer, vêtir
cette beauté déja sa souveraine.
ô jeune enfant dont l' amour et l' honneur
ont pris plaisir à diriger le coeur ;
où sont les gens dont la sagesse égale
les procédés de ton ame loiale ?
Dans ce logis (ciel que vai-je avoüer)
de Jean Chandos logeait un aumônier.
Tout aumônier est plus hardi qu' un page.
Le scélerat informé du voyage
du beau Monrose et de la belle Agnès,
et trop instruit que dans son voisinage
à quatre pas reposaient tant d' attraits ;
pressé soudain de son désir infâme,
les yeux ardens le sang rempli de flamme,
le corps en rut, de luxure énivré,
entre en jurant comme un désespéré,
ferme la porte, et les deux rideaux tire.
Mais cher lecteur il convient de te dire
ce que faisait en ce même moment
le grand Dunois sur son âne vôlant.
Au haut des airs où les Alpes chenuës
portent leur tête et divisent les nuës,
vers ce rocher fendu par Annibal
fameux passage aux romains si fatal,
qui voit le ciel s' arondir sur sa tête
et sous ses pieds se former la tempête,
est un palais de marbre transparent,
sans toit ni porte, ouvert à tous venant.
Tous les dedans sont des glaces fidèles ;
si que chacun qui passe devant elles
ou belle ou laide, ou jeune homme ou barbon,
peut se mirer tant qu' il lui semble bon.
Mille chemins ménent devers l' empire
de ces beaux lieux ou si bien l' on se mire :
mais ces chemins sont tous bien dangereux.
Il faut franchir des abimes affreux.
Tel bien souvent sur ce nouvel olympe
est arrivé sans trop savoir par où ;
chacun y court, et tandis que l' un grimpe,
il en est cent qui se cassent le cou.
De ce palais la superbe maîtresse
est cette vieille et bavarde déesse,
la renommée, à qui dans tous les tems
la plus modeste a donné quelque encens.
Le sage dit que son coeur la méprise,
qu' il ait l' éclat qui lui donne un grand nom,
que la louange est pour l' ame un poison.
Le sage ment, et dit une sottise.
La renommée est donc en ces hauts lieux.
Les courtisans dont elle est entourée,
princes, pédants, guerriers, religieux,
cohorte vaine, et de vent enivrée,
vont tous prians, et crians à genoux :
ô renommée ô puissante déesse
qui savez tout et qui parlez sans cesse.
Par charité parlez un peu de nous.
Pour contenter leurs ardeurs indiscrètes
la renommée a toûjours deux trompettes :
l' une à sa bouche apliquée à propos
va célébrant les exploits des héros.
L' autre est au cu ; puisqu' il faut vous le dire
c' est celle-là qui sert à nous instruire,
de ce fatras de volumes nouveaux
productions de plumes mercenaires,
et du parnasse insectes éphémères,
qui l' un par l' autre éclipsés tour à tour
faits en un mois, périssent en un jour ;
ensevelis dans le fonds des collèges ;
rongez des vers, eux et leurs privilèges.
Gentil Dunois sur ton ânon monté
en ce beau lieu tu te vis transporté.
Ton nom fameux qu' avec justice on fête,
était corné par la trompette honnête.
Tu regardas ces miroirs si polis.
ô quelle joye enchantait tes esprits !
Car tu voyais dans ces glaces brillantes
de tes vertus les peintures vivantes ;
non seulement des siéges des combats,
et ces exploits qui font tant de fracas :
mais des vertus encor plus difficiles,
des malheureux de tes bienfaits chargés
te bénissants au sein de leurs aziles,
des gens de bien à la cour protégés,
des orphelins de leurs tuteurs vangés.
Dunois ainsi contemplant son histoire
se complaisait à jouïr de sa gloire.
Son âne aussi s' amusait à se voir
se pavanant de miroir en miroir ;
on entendit dessus ces entrefaittes,
sonner en l' air une des deux trompettes
elle disait voici l' horible jour
où dans Milan la sentence est dictée
on va bruler la belle Dorothée
pleurez mortels qui connaissez l' amour .
Qui ; dit Dunois ? Qu' elle est donc cette belle ?
Qu' a-t-elle fait ? Pourquoi la brule-t-on ?
Passe après tout si c' est une laidron,
mais dans le feu mettre un jeune tendron ;
par tous les saints c' est chose trop cruelle.
Comme il parlait, la trompette reprit
ô Dorothée, ô pauvre Dorothée.
en feu cuisant tu vas être jettée.
si la valeur d' un chevalier loial
ne te reçount de ce brasier fatal .
à cet avis Dunois sentit dans l' ame
un prompt désir de sécourir la dame.
Car vous savez que sitôt qu' il s' offrait
occasion de marquer son courage,
venger un tort, redresser quelque outrage ;
sans raisonner ce héros y courait.
Allons dit-il à son âne fidèle,
vole à Milan, vole ou l' honneur t' apelle.
L' âne aussi-tôt les deux aîles étend
un chérubin va moins rapidement.
On voit déja la ville où la justice,
arrangeait tous pour cet affreux suplice.
Dans la grand place on éléve un bucher ;
trois cent archers, gens cruels et timides,
du mal d' autrui monstres toûjours avides,
rangent le peuple, empêchent d' aprocher.
On voit partout le beau monde aux fenêtres,
attendant l' heure, et déja larmoiant :
sur un balcon l' archevêque et ses prêtres
observent tout d' un oeuil ferme et content.
Quatre alguazils amenent Dorothée
nuë en chemise, et de fers garotée ;
le juste excès de son affliction
le désespoir et la confusion
devant ses yeux répandent un nuage.
Des pleurs amers inondent son visage ;
elle entrevoit d' un oeuil mal assuré
l' affreux poteau pour sa mort préparé,
et ses sanglots se faisant un passage,
ô mon amant ô toi qui dans mon coeur
regnes encor en ces momens d' horreur.
Elle ne put en dire d' avantage.
Et bèguaiant le nom de son amant
elle tomba sans voix, sans sentiment :
le front jauni d' une paleur mortelle :
dans cet état elle était encor belle.
Un scélérat nommé Sacrogorgon,
de l' archevêque imfame champion,
la dague au poing vers le bucher s' avance,
le chef armé de fer et d' impudence,
et dit tout haut messieurs je jure Dieu,
que Dorothée a mérité le feu.
Est-il quelqu' un qui prenne sa querelle ?
Est-il quelqu' un qui combatte pour elle ?
S' il en est un que cet audacieux,
ose à l' instant se montrer à mes yeux ;
voici dequoi lui fendre la cervelle.
Disant ces mots il marche fierement,
branlant en l' air un braquemart tranchant
roulant ses yeux, tordant sa laide bouche.
On fremissait à son aspect farouche ;
et dans la ville il n' était écuyer
qui Dorothée osat justifier.
Sacrogorgon venait de les confondre :
chacun pleurait et nul n' osait répondre.
Le fier prélat du haut de son balcon
encourageait le brutal champion.
Le beau Dunois qui planait sur la place,
fut si choqué de l' insolente audace
de ce pervers ; et Dorothée en pleurs
était si belle au sein de tant d' horreurs ;
son désespoir la rendait si touchante,
qu' en la voiant il la crut innocente.
Il saute à terre, et d' un ton élevé,
c' est moi dit-il, face de reprouvé,
qui viens ici montrer par mon courage,
que Dorothée est vertueuse et sage,
et que tu n' es qu' un fanfaron brutal
suppot du crime, et menteur ésoial.
Je veux d' abord savoir de Dorothée
quelle noirceur lui peut être imputée,
quel est son cas et par quel guet-à pen
on fait bruler les belles à Milan ;
il dit ; le peuple à la surprise en proie
poussa des cris d' espérance et de joie.
Sacrogorgon qui se mourait de peur,
fit comme il put, semblant d' avoir du coeur.
Le fier prélat sous sa mine hypocrite
ne put cacher le trouble qui l' agite.
à Dorothée alors le beau Dunois
s' en vint parler d' un air humble et courtois ;
et cependant que la belle lui conte
en soupirant son malheur et sa honte,
l' âne divin sur l' église perché
de tout ce cas paraissait fort touché.
Et de Milan les dévotes familles
benissaient Dieu qui prend pitié des filles.



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La pucelle d'Orléans - LIVRE 6 poésie de François Marie Arouet, dit Voltaire, optimisé pour ie5.0 en résolution 1024 * 768 - (c) 2004-2008
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