Jean de la Fontaine
Sa jeunesseJean de La Fontaine est né le 7 ou le 8 juillet 1621 à Château-Thierry. Son père, Charles, est maître des eaux et forêts du duché de Château-Thierry. Sa mère, Françoise Pidoux, est veuve d'un premier mari, Louis de Jouy, négociant à Coulommiers. Elle a une fille Anne. Charles et Françoise ont un deuxième fils, Claude, en 1623.
Jean de La Fontaine étudie au collège de Château-Thierry jusqu'en classe de 3ème, ou il apprend le latin et le grec (qu’il délaisse). Il s’y fait un ami pour la vie:
François Maucroix. Il apprécie énormément la lecture des œuvres d’Honoré d'Urfé et particulièrement
l’Astrée.
En 1641, il entre à l'Oratoire, à Paris, mais ne s’intéressant pas à la culture religieuse, son séjour ne dure que 18 mois. De retour à Château-Thierry il se passionne pour les
Odes de Malherbe, qu’il apprend par cœur. Il écrit ses premiers vers. Il badine et fait la cour aux jeunes femmes de sa région.
Il fréquente les juristes et lettrés parisiens A partir de 1645-1646, il étudie le droit à Paris avec ses amis François Maucroix et
Antoine Furetière. Il fréquente la
« Table Ronde », une société d'amis lettrés composée entre autres de
Tallemant des Réaux, Paul Pellisson, Olivier Patru et Antoine Rambouillet de La Sablière. En 1647, sur le vœu de son père, il épouse
Marie Héricart, âgée de 14 ans, à la Ferté-Milon. Elle est la fille de Louis Héricart, lieutenant civil et criminel du baillage de La Ferté-Milon, et d'Agnès Petit. Les deux époux vivent leur mariage comme une contrainte et Jean portera peu d’intérêt à son fils Charles, né le 30 octobre 1653. Sa femme apprécie néanmoins la littérature et elle fréquente à Château-Thierry une "Académie" de beaux esprits.
Jean de La Fontaine obtient son diplôme d'avocat au parlement de Paris en 1649. Il plaide très peu et, en 1652, il achète une charge de maître particulier triennal des Eaux et Forêts du duché de Château-Thierry. Cette fonction lourde ne lui apporte pas non plus une grande satisfaction. Dès que possible, il retrouve ses amis à Paris et fréquente les sociétés libertines. Sa vocation de poète s’affirme peu à peu en lisant Malherbe, Benserade, Voiture, Rabelais, Boccace... En 1654, il traduit et adapte l'
Eunuque de Térence.
En 1858, La Fontaine hérite les charges de son père. Il cumule alors les charges de maître particulier triennal, maître ancien et capitaine des chasses. Il vit alternativement à Paris chez son oncle Jannart et à Château-Thierry ou il fait jouer
Les Rieurs du Beau-Richard (lors du carnaval de 1660).
Fouquet est son premier mécèneJannart et Paul Pélisson, conseiller de Fouquet, le présentent au Surintendant des Finances et protecteur de Perrault, Corneille et Molière. La Fontaine lui offre son poème
Adonis, illustré par Nicolas Jarry et François Chauveau. Fouquet lui accorde une pension et l’invite à fréquenter le château de Vaux Le Vicomte. La Fontaine y rencontre
Madame de Sévigné, Madeleine de Scudéry, Charles Perrault, Saint-Evremond, Brienne, ainsi que Le Brun, Le Vau, Le Notre, le banquier Herwarth... Il compose alors un long poème à la gloire du domaine de Fouquet:
Le Songe de Vaux.
En 1659, il écrit la comédie
Clymène. A partir de 1660, il se lie à son petit cousin par alliance, Jean Racine alors âgé de 20 ans.
Le 17 août 1661, il assiste à la fameuse réception de Louis XIV à Vaux le Vicomte. Cette mauvaise initiative provoque la chute de Fouquet et La Fontaine se retrouve démuni. Il reste fidèle à son ancien protecteur et publie (anonymement), en 1662, l'
élégie Aux Nymphes de Vaux. Il demande la clémence à Louis XIV dans son
Ode au roi. Cette fidélité lui voudra l’inimitié de Colbert et finalement du Roi lui-même. Il s’exile avec son oncle quelques mois à Limoges.
En 1663, il adresse à son épouse des lettres en vers et en prose qui deviendront la
Relation d'un Voyage de Paris en Limousin. De retour à Château-Thierry il fait sa cour à la jeune
Marie-Anne Mancini, duchesse de Bouillon. Son appui lui permet d’entrer, en 1664, au palais du Luxembourg comme gentilhomme servant à la maison de la
duchesse d'Orléans. Les époux La Fontaine se séparent alors.
Apprécié des Dames de la Cour, il s’établit à Paris et se consacre entièrement à son œuvre Habitant chez l'oncle Jannart, il fréquente les salons de la
Duchesse de Bouillon et de l'hôtel de Nevers. Il y rencontre
Mesdames de Sévigné, de La Fayette et La Rochefoulcauld.
Sa créativité augmente. En 1664, il fait paraître les contes
Joconde et
Le Cocu battu. En 1665, il rencontre le succès en faisant publier les
Contes et Nouvelles en Vers de M. de La Fontaine, chez Barbin. Il publie un deuxième recueil en 1666 et un troisième en 1671.
C’est enfin en 1668, que paraissent, chez Barbin associé à Denys Thierry, les
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, commencées probablement à l’époque de Fouquet. Elles sont dédiées au dauphin alors âgé de 8 ans. Le recueil contient 124 fables illustrées par François Chauveau, réparties en 6 livres. C’est un immense succès et elles sont immédiatement rééditées en deux tomes.
En 1669 sont publiées, chez Barbin,
Les Amours de Psyché et de Cupidon, comédie mythologique dédiée à la duchesse de Bouillon, ainsi que le poème
Adonis. En 1671 paraît une nouvelle édition des fables, comportant huit compositions inédites.
Après le rachat de ses charges des eaux et forêts par le duc de Bouillon (1871) et la mort de la duchesse d'Orléans (1872), La Fontaine connaît des difficultés financières.
Madame de La Sablière l'accueille alors chez elle, rue Neuve-des-Petits-Champs. Il y restera jusqu'à la mort de sa protectrice en 1693. Il s’y passionne pour les sciences et rencontre entre autre
Bernier, grand voyageur et disciple du philosophe Gassendi, le médecin
Menjot, le mathématicien
Roberval.
En 1674,
Lulli, sur les conseils de plusieurs dames de la cour, lui demande de réaliser le livret de
Daphné, mais il n’en est pas satisfait. La Fontaine s’inspire de cette expérience pour écrire un poème satirique,
le Florentin. La même année paraissent les
Nouveaux Contes de Monsieur de La Fontaine. Cette fois, La Fontaine n’hésite pas à s’attaquer à des religieux et son œuvre est rapidement interdite à la vente.
En1678, paraît une édition augmentée de ses fables (ajout des livres 7 et 8), toujours illustrées par Chauveau. L’année suivante une édition comporte les fables des livres 9, 10 et 11. Elles sont dédiées à
Madame de Montespan.
Partisan des Anciens, il ne peut renier les ModernesLe 15 novembre 1683, La Fontaine, est accepté à l’Académie Française. Le Roi retarde sa réception, pour la lier à celle de Boileau. Il est finalement reçu le 2 mai 1684.
En 1685 sont édités les
Ouvrages de prose et de poésie des sieurs de Maucroix et de La Fontaine. Il entre en polémique avec son ami Furetière à propos du Dictionnaire universel, car il défend le point de vue académique.
La Querelle des Anciens et des Modernes fait alors rage et La Fontaine prend parti, dans son
Epître à Huet, pour les anciens tout en ne refusant pas les créations nouvelles ( de ses amis dont Charles Perrault…).
Il fréquente alors les
Vendôme, Madame Ulrich et la famille du prince
Conti, pour le mariage duquel il dédit
Le Milan, le Roi et le Chasseur (1688).
En 1690, il dédit au Duc de Bourgogne
Les Compagnons d’Ulysse (fable). En 1691, il publie
Les deux Chèvres et
Du Thésauriseur et du Singe. La même année il connaît un nouvel échec à l’Opéra en présentant
L'Astrée, dont la musique est de Colasse.
En 1692, il publie
La Ligue des Rats. Il tombe très malade en décembre. L'Abbé Pouget lui fait abjurer ses contes en lui accordant l’extrême onction. Dés lors, il n’écrit plus et il détruit ses dernières œuvres.
Madame de La Sablière meurt en janvier 1693.
D'Hervart, conseiller au parlement de Paris reçoit Jean de la Fontaine rue Plâtrière ou il meurt le 13 avril 1695.