Marceline Desbordes-Valmore
Une enfance misérableMarceline Desbordes naît à Douai le 20 juin 1786. Elle est la fille de Félix Desbordes, peintre d’armoiries et de Marie-Catherine-Joseph Lucas. Sa famille, à l’origine aisée, est ruinée par la Révolution. Marceline abandonne les études. Sa mère décide de rejoindre un riche cousin en Guadeloupe. Il leur faut trois années, pendant lesquelles Marceline commence à jouer la comédie afin de gagner quelque sous, pour se rendre à Basse-Terre. Malheureusement leur cousin est mort et Basse-Terre est en révolte. La fièvre jaune qui fait rage tue Marie Catherine. Maceline doit rentrer seule à Douai et elle se fait dépouiller lors de la traversée.
Comédienne et cantatrice elle est marquée par les deuilsA seize ans elle devient comédienne, spécialisée dans les rôles d’ingénue, et cantatrice. Elle se produit à Douai. Sa rencontre avec le compositeur belge Grétry lui permet de se produire à l'Opéra-Comique de Rouen en 1805. Au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles elle incarne Rosine dans le Barbier de Séville. Elle se produit à l’Odéon de Paris à partir de 1808 ou elle crée notamment des rôles de Pigault-Lebrun. Elle y rencontre
Henri de Latouche qui sera son amant secret pendant 30 ans. Il lui donne un fils qui décède à l’âge de 5 ans en 1816.
En 1817 elle se marie avec un acteur peu reconnu,
Prosper Lanchantin dit Valmore. Ils mèneront une vie d’errance, matériellement difficile et marquée par les deuils. Elle perd un bébé puis ses deux filles. Seul son dernier fils survit. Menant une carrière militaire il sera prisonnier pendant sept années. Elle perdra aussi plusieurs amies d’enfance.
Une poétesse appréciée de ses pairsMarceline publie son premier recueil de poèmes,
Élégies et romances en 1819. Elle abandonne le Chant en 1823 puis met fin a sa carrière de comédienne en 1832. Elle publie
Élégies et poésies nouvelles en 1825 puis
Poésies inédites en 1830. En 1833 paraissent
Les pleurs ainsi qu’un livre de souvenirs autobiographiques,
L’Atelier d’un peintre, scènes de la vie privée. Les
Pauvres fleurs sortent en 1839.
En 1840 elle publie des
Contes en prose pour les enfants ainsi que des
Contes en vers pour les enfants. Les
Bouquets et prières datent de 1843. Elle écrit à nouveau pour les enfants
Jeunes Têtes et Jeunes Cœurs en 1855.
Ses poèmes son appréciés pour leur style, leur musicalité et l’émotion vraie qu’ils inspirent.
Lamartine, Béranger, Vigny, Baudelaire, Verlaine et Hugo qui sera un ami fidèle, l’admirent. Une pension de 1500 francs et plusieurs prix académiques lui sont accordés.
Après avoir perdu quatre enfants, son frère et de nombreuses amies, elle s'éteint dans le désespoir, à Paris le 23 juillet 1859. Le recueil
Poésies est publié à titre posthume en 1860.